John Sylvester

Île-du-Prince-Édouard

  • Nombre de projets complétés en 2014-2015
  • 4
  • Acres conservés
  • 195
  • Valeur des terres
  • 700 000 $
  • Bénévoles pour l’intendance
  • 53
NCC/CNC

Un partenariat pour la protection des dunes et des huards

Même le vent froid de novembre ne pouvait empêcher CNC et la province de l’Île-du-Prince-Édouard de célébrer un partenariat de conservation exceptionnel ayant permis de protéger un site de dunes et de milieux humides de 75 acres (30 hectares) à Deroche Pond (Blooming Point), au nord de l’Île-du-Prince-Édouard.

Malgré un facteur de refroidissement éolien de -20° ayant eu raison des stylos des journalistes, le personnel de CNC, les bénévoles et les politiciens provinciaux ont tout de même fait l’annonce de la protection de ces terres, accordant les entrevues à l’abri dans les véhicules pour permettre enfin à l’encre de couler.

Les dunes de sable sont une caractéristique écologique considérable à l’Île-du-Prince-Édouard. Celles de cette nouvelle propriété ont pour particularité unique d’être couvertes de végétation grâce à leur emplacement à l’intérieur des terres, à l’abri des forts vents.

En outre, le plongeon huard, dont la population reproductrice est peu élevée sur l’île, niche dans les milieux humides du site.

Jusqu’à maintenant, CNC a contribué à y protéger un total de 322 acres (130 hectares) de terres.

NCC/CNC

Le cinquième élément

Les phoques communs de Murray Harbour, dans l’est de l’Île-du-Prince-Édouard, ont connu une journée plutôt mouvementée lorsque 31 kayakistes se sont présentés pour participer à une corvée de nettoyage des rives.

Sous le regard curieux des phoques, les bénévoles ont amassé près d’une tonne de déchets sur les îles de l’archipel située dans le havre.

Les cinq îles de Murray Harbour sont depuis longtemps une priorité de conservation dans la région. Tôt cette année, CNC a finalement acquis l’île Thomas, la cinquième et dernière île encore non protégée de Murray Harbour. Il s’agit du deuxième projet de CNC à cet endroit. L’organisme a également conservé l’île Reynolds en 2012, la transférant par la suite au gouvernement provincial.

L’île Thomas offre un habitat pour de nombreuses espèces, notamment pour la population reproductrice de grands hérons de l’Île-du-Prince-Édouard. Ces oiseaux nichent uniquement dans les peuplements intacts d’épinettes matures. La forêt mature d’épinettes blanches de l’île Thomas comporte également des essences comme l’érable rouge, le bouleau jaune, le sapin baumier et l’épinette noire.

Une flèche de sable relie l’île Thomas à l’île Herring, facilitant le passage entre les deux îles à marée basse. La sauvagine se nourrit dans les eaux peu profondes des marais salés, et le havre est également un lieu de nidification pour le goéland argenté et le goéland marin.

La protection des cinq îles de Murray Harbour – Thomas, Herring, Cherry, Gordons et Reynolds – marque l’achèvement d’une vision de la conservation qui se perpétua sur plusieurs décennies depuis le début des années 1970.

Les lichens sont spectaculaires. Ce sont les récifs coralliens de la forêt. Comme le corail, ils existent dans une myriade de formes et de couleurs, en plus d’être nés de l’association d’organismes multiples interdépendants et d’être sensibles aux perturbations. » Troy McMullin, lichenologue.
 
Troy McMullin

Les récifs coralliens de la forêt

Le lichenologue Troy McMullin était si emballé de l’abondance de lichens trouvés dans la réserve naturelle de North Enmore, que maintes fois il est demeuré sur la réserve très tard dans la journée.

Parfois, la marée recouvrait l’étroite plage permettant l’accès à cet endroit isolé, le contraignant à traverser à gué ou parfois même à nager pour sortir de la réserve. Aucune autre issue n’était alors possible, le site étant couvert d’une forêt dense et exempte de sentiers.

Cet isolement est justement ce qui fait de North Enmore le paradis des lichens. La réserve englobe 194 acres (79 hectares) de forêt d’épinettes noires et est bordée de tous les côtés par des zones considérablement plus boisées, à l’exception de la partie longeant la baie de Percival.

Les lichens peuvent être extrêmement sensibles aux changements environnementaux, de sorte qu’une forêt située loin des villes et des terres agricoles offre une meilleure qualité d’air pour les lichens. Certaines espèces de lichens sont si sensibles à leur environnement qu’elles peuvent servir d’indicateurs pour l’évaluation des variations en matière de pollution de l’air ou des effets des changements climatiques.

Au total, monsieur McMullin a prélevé 122 espèces dans la réserve naturelle (l’équivalent de 40 % des 320 espèces de lichens connus de l’Île-du-Prince-Édouard), y compris 15 nouvelles espèces non encore recensées dans cette province. Il s’agit du plus grand nombre d’espèces de lichens recueillies sur un même site de collecte si éloigné dans l’île.

L’étude a entre autres permis de répertorier la seule population connue à l’Île-du-Prince-Édouard de pseudocyphéllaire jaune, un lichen brun à lisière poudreuse jaune, ainsi que l’usnée très longue, un lichen filandreux qui était autrefois utilisé pour décorer les sapins de Noël.